Dimanche 15 mars 2009
Le producteur de gaz russe Gazprom n'est plus intéressé par une participation directe dans le projet Rabaska, selon le magazine énergétique RusEnergy du 25 février.
Mais du côté du projet Rabaska, son porte-parole, Simon Poitras, répond que cette décision, si elle est véridique, ne compromet pas l'objectif premier du consortium québécois qui est d'obtenir un contrat d'approvisionnement à long terme, soit de 25 ou 30 ans. Une fois cette question réglée -- et les pourparlers se poursuivent là-dessus, dit-il --, on verra quelle position adoptera le géant russe en ce qui a trait à une participation directe dans le projet québécois.
Selon l'analyste Dimitri Aleksandrov du magazine RusEnergy, Gazprom a décidé de s'en tenir à ses priorités de développement dans un contexte de crise où le crédit se fait rare. Selon l'analyste russe, Gazprom «a commencé à partiellement ralentir ses projets à l'extérieur des frontières». «Par exemple, poursuit-il, il a refusé de participer au terminal SPG Rabaska au Canada» même si c'est en partie à cet endroit que doit aboutir une partie du gaz du futur port méthanier de Chokman.
Pour le porte-parole de Rabaska, «si Gazprom signe une entente d'approvisionnement à long terme, le projet ira de l'avant ici, que Gazprom décide de détenir une participation ou non». Il a été impossible de savoir si Rabaska avait été informé par Gazprom de sa décision de s'en tenir à un rôle de fournisseur.
Pour les citoyens du collectif Stop aux méthaniers, cette annonce-surprise s'ajoute à l'incertitude qui gagne le projet.
Selon Jacques Levasseur, porte-parole du collectif, Rabaska aurait été «obligé» d'acheter, malgré l'incertitude actuelle, trois terrains de la région de Lévis au triple du prix courant pour ne pas compromettre son projet. Les propriétaires, dit-il, ne voulaient plus prolonger les promesses de vente agréées dans le passé. Cela augure mal, à son avis, pour la prochaine assemblée des actionnaires du consortium, qui aurait dépensé jusqu'ici des millions dans un projet de plus en plus incertain, notamment en raison des prix du gaz naturel. Ces derniers ont plongé au Canada au point de se situer environ à la moitié des prix payés en Europe.
Mais, selon Rabaska, les prix actuels sont liés à la conjoncture économique et ils vont remonter lors d'une éventuelle reprise.
Publié par L'avocat du Diable
à 2009-03-15 19:17:02
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